ICONOVORE

Démocratisation de la production des images

unsplash-logoPhoto Héctor J. Rivas

Cette émission est diffusée en écho à l’ouverture de l’exposition Le supermarché des images au Jeu de Paume (Paris) du 11 février au 7 juin 2020, inspirée par les travaux de Peter Szendy qui en est le commissaire général. Les deux commissaires associés – Emmanuel Alloa et Marta Ponsa – et deux artistes – Martin Le Chevallier et Samuel Bianchini – discutent des flux d’images qui nous sont aujourd’hui familiers et de la saturation qui est apparue.

This program (in French) echoes the opening of the exhibition The supermarket of images at Jeu de Paume (Paris) from February 11 to June 7, 2020. It has been inspired by the work of Peter Szendy who is the chief curator. The two associate curators – Emmanuel Alloa and Marta Ponsa – and two artists – Martin Le Chevallier and Samuel Bianchini – discuss the flow of images we are familiar with today and the saturation it has created.

“Une bonne exposition est une leçon pour le regard”

Citation de Walker Evans à la fin de la rétrospective consacrée à ce photographe au Centre Pompidou (Paris, France, 26/04-14/08/2017) :

“Pour ceux qui le veulent, ou en ont besoin, une bonne exposition est une leçon pour le regard. Et pour ceux qui n’ont besoin de rien, ceux qui sont déjà riches en eux-mêmes, c’est un moment d’excitation et de plaisir visuel. Il devrait être possible d’entendre des grognements, des soupirs, des cris, des rires et des jurons dans la salle d’un musée, précisément là où ils sont habituellement refoulés. Ainsi, dans les expositions classiques, certaines qualités des images peuvent également être refoulées, voire totalement perdues.

J’aimerais m’adresser aux yeux de ceux qui sont capables d’apprécier pleinement la valeur des choses, sans être sujets aux inhibitions liées à la bienséance publique. Je veux dire ici, qu’avec un peu de chance, le vrai sentiment religieux peut parfois être éprouvé même dans une église et qu’il est possible de percevoir l’art ou de le sentir sur la cimaise d’un musée.

Ceux d’entre nous qui vivent grâce à leurs yeux – les peintres, les designers, les photographes, ceux qui regardent les filles – seront tout aussi amusés que consternés par cette demi-vérité : « Nous sommes ce que nous voyons » ; et par son corollaire : nos œuvres complètes sont, pour une bonne part, des confessions autobiographiques, impudiques et joviales, mais dissimulées par l’embarras de ce qui ne peut être dit. Pour ceux qui comprennent ce langage, il s’agit bien de cela. Nous ne savons simplement jamais qui se trouve dans notre public. Quand celui-qui-voit surgit pour examiner notre œuvre et qu’il saisit nos métaphores, nous sommes tout simplement pris en flagrant délit. Devrions-nous nous excuser ?”
Walker Evans – Boston Sunday Globe, 1er août 1971, p. A-61.

A quote by Walker Evans, at the end of the exhitition on this photographer at Centre Pompidou (Paris, France, 26/04-14/08/2017): “A good art exhibition is a lesson in seeing to those who need or want one, and a session of visual pleasure and excitement to those who don’t need anything — I mean the rich in spirit. Grunts, sighs, shouts, laughter, and imprecations ought to be heard in a museum room. Precisely the place where these are usually suppressed. So, some of the values of pictures may be suppressed too, or plain lost, in formal exhibition.

I’d like to address the eyes of those who know how to take their values straight through and beyond the inhibitions accompanying public decorum. I suggest that true religious feeling is sometimes to be had even at church, and perhaps art can be seen and felt on a museum wall; with luck.

Those of us who are living by our eyes — painters, designers, photographers, girl watchers — are both amused and appalled by the following half-truth: “what we see, we are.” And by its corollary: our collective work is, in part, shameless, joyous, autobiography-cum-confession wrapped in the embarrassment of the unspeakable. For those who can read the language, that is. And we never know just who is in the audience. When the seeing-eye man does turn up to survey our work, and does perceive our metaphors, we are just caught in the act that’s all. Should we apologize?”

Walker Evans – Boston Sunday Globe, August, 1st, 1971, p. A-61.

Smartify

Smartify est à la peinture ce que Shazam est à la musique : cette application pour téléphone permet, par reconnaissance visuelle, de connaître le nom d’un tableau – dans un musée, sur une affiche, une carte postale… De plus, l’application donne des informations sur le tableau et sur le peintre.

Smartify is to painting what Shazam is to music: using visual similarity, this telephone app will give you the name of a painting – in a museum, a poster, a postcard… Moreover, it gives information on the painting and the artist. 

Defenders

Dans le cadre du Scotiabank photography festival en 2013, Dan Epstein exposait à la IMA gallery* une série de portraits – photo et vidéo – d’avocats commis d’office. Les vidéos sont diffusées sur deux grandes télévisions sur un mur de la galerie. Ici elles font quasiment office de légendes : chaque avocat explique en quelques minutes son métier à la caméra. Voir plus loin